Le déclin des nations est-il inévitable ? - Par Alexis Carré
Le mot de Laurent Sailly
Alexis Carré explore la question centrale posée par
Raymond Aron : le déclin des nations européennes est-il fatal ou
résulte-t-il d’un choix politique. Aron voyait dans la nation non un
attachement sentimental, mais la condition d’existence des régimes libres,
car elle fonde l’amitié civique, la légitimité du commandement et la capacité
des citoyens à agir ensemble. Le dépassement de la nation, porté par
l’idéologie des droits individuels et l’espoir d’une pacification
internationale, a été accueilli avec enthousiasme en Europe après 1945, mais n’a
pas supprimé les risques géopolitiques. Carré rappelle qu’Aron refusait
l’illusion d’un libéralisme sans devoirs : sans sentiment d’obligation
nationale, les démocraties deviennent vulnérables et incapables de se défendre.
Le déclin n’est donc pas inévitable : la nation demeure un cadre
irremplaçable pour transformer les conflits en délibération et préserver la
liberté politique.
