Raymond Aron, entre sociologie et philosophie - Par Philippe Raymaud

Le mot de Laurent Sailly

Raymond Aron demeure reconnu comme un analyste politique majeur, mais son apport sociologique reste souvent sous‑estimé, alors même qu’il revendiquait cette identité tout au long de sa carrière. Philippe Raynaud montre que la sociologie aronienne s’enracine dans l’héritage de Weber et Montesquieu, dont Aron prolonge la réflexion en articulant sciences sociales, philosophie critique et libéralisme politique. Les cours récemment publiés du Collège de France éclairent sa conception d’une sociologie consciente de ses limites, traversée de divisions persistantes et incapable de produire une théorie unitaire de la société. Aron analyse la modernité à travers les trois grandes traditions fondatrices — Comte, Marx, Tocqueville — qu’il considère complémentaires pour comprendre les sociétés industrielles, les luttes de classes et les tensions entre démocratie et totalitarisme. Sa sociologie, indissociable d’un libéralisme politique exigeant, fait dialoguer philosophie, histoire et science politique.

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