Les grands essais du XXe siècle: L’opium des intellectuels, de Raymond Aron


Si Raymond Aron (1905-1983) a marqué en profondeur l’histoire intellectuelle, c’est parce qu’il a su, en des temps difficiles pour la liberté de l’esprit, tenir tête à une intelligentsia hypnotisée par le communisme et défendre avec courage et finesse la démocratie libérale. On l’a oublié, mais la première vocation d’Aron était celle d’un philosophe, et non d’un intellectuel engagé au cœur de la cité. Il se reprochera toute sa vie d’avoir embrassé ce rôle, comme s’il s’y perdait. C’est l’Histoire qui l’y poussera. Exilé à Londres pendant la guerre, il y dirigera la revue La France libre. Ardemment patriote et profondément libéral, il poursuivra son engagement au lendemain de la Libération alors que la question du communisme restructurait la politique européenne.
Hégémonie communiste


L’époque était donc à l’hégémonie communiste dans les milieux intellectuels. Elle était telle qu’il fallait généralement se placer sous son enseigne pour se permettre de le critiquer. À tout le moins, il fallait d’abord lui ...

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